Immobilier au Luxembourg : l’existant se stabilise, le neuf reste en retrait et les loyers accélèrent

Le marché immobilier résidentiel luxembourgeois retrouve progressivement un rythme plus régulier, mais cette normalisation reste inégale. Selon la 20e édition du « Logement en chiffres », publiée conjointement par l’Observatoire de l’Habitat et le STATEC, les ventes d’appartements existants se rapprochent des niveaux d’avant-crise au deuxième trimestre 2026. Le neuf demeure toutefois peu dynamique, tandis que les loyers annoncés des appartements progressent nettement plus vite que l’inflation.
Partager cet article :

 

Comparer le deuxième trimestre 2026 à celui de 2025 exige quelques précautions. Un an auparavant, l’anticipation de la fin de plusieurs mesures fiscales temporaires, au 30 juin 2025, avait provoqué un afflux exceptionnel de transactions. Ce pic avait également exercé une pression temporaire à la hausse sur les prix.

Les baisses annuelles observées aujourd’hui traduisent donc en partie le contrecoup de cette activité inhabituelle. Elles ne suffisent pas, à elles seules, à conclure à une nouvelle dégradation généralisée du marché. Derrière les indicateurs nationaux, les trajectoires de l’existant, du neuf et de la location restent néanmoins très différentes.

Les ventes d’appartements existants retrouvent des niveaux proches d’avant-crise

Au deuxième trimestre 2026, 1 274 appartements ont été vendus au Luxembourg. Ce nombre progresse de 8,2 % par rapport au trimestre précédent, mais recule de 33,9 % sur un an.

Le marché des appartements existants concentre l’essentiel de cette activité, avec 1 049 ventes. Il apparaît désormais proche des standards observés avant la crise, signe d’un retour à un fonctionnement plus régulier après les fortes fluctuations des dernières années.

La situation reste beaucoup plus difficile pour les appartements en construction. Avec seulement 225 ventes au deuxième trimestre, ce segment affiche un volume inférieur de près de 68 % à la moyenne des deuxièmes trimestres de 2017 à 2021. La normalisation du marché résidentiel ne s’accompagne donc pas encore d’une reprise solide du neuf.

Le marché des maisons demeure lui aussi en retrait. Les 709 transactions enregistrées au deuxième trimestre 2026 restent sensiblement inférieures à la moyenne de 909 ventes observée au même trimestre entre 2017 et 2021.

Des prix en baisse sur un an, mais en légère hausse sur le trimestre

L’indice général des prix des logements recule de 2,2 % par rapport au deuxième trimestre 2025. Il progresse toutefois de 1,1 % par rapport au premier trimestre 2026. Cette double lecture souligne l’importance du point de comparaison : le recul annuel reste largement influencé par le niveau exceptionnel atteint un an auparavant.

Les appartements existants présentent les signes les plus nets de stabilisation. Leurs prix augmentent de 1,3 % sur le trimestre et diminuent légèrement de 0,6 % sur un an. Après les corrections marquées de 2023, les variations sont devenues plus modérées.

Pour les maisons existantes, le recul est plus prononcé : leurs prix baissent de 3,7 % sur un an et de 0,5 % par rapport au trimestre précédent.

Les appartements en construction connaissent, quant à eux, une hausse trimestrielle de 3,9 %, tout en restant 2,5 % sous leur niveau du deuxième trimestre 2025. Cette progression doit être interprétée avec prudence. Le faible nombre de transactions rend les évolutions du neuf plus volatiles et limite la portée d’un rebond observé sur un seul trimestre.

Les loyers annoncés des appartements repartent à la hausse

Sur le marché locatif, la tendance est différente. Les loyers annoncés des appartements progressent de 5,8 % sur un an et de 0,6 % sur le trimestre. Leur hausse dépasse ainsi largement l’inflation générale, qui atteint 2,4 % sur la même période.

Après une relative stabilisation en 2024 et au début de 2025, les loyers demandés pour les appartements connaissent donc une nouvelle accélération.

Le premier focus de cette édition rappelle toutefois une distinction essentielle : les loyers annoncés correspondent aux montants demandés dans les annonces pour de nouveaux contrats. Ils ne mesurent pas les loyers effectivement payés par l’ensemble des locataires. L’indice des loyers en cours de bail, calculé par le STATEC, augmente pour sa part de 1,3 % sur un an.

L’écart entre ces deux indicateurs met en évidence des conditions différentes selon que l’on occupe déjà un logement ou que l’on en recherche un nouveau. Les contrats existants évoluent plus progressivement, tandis que les loyers proposés à la relocation réagissent davantage aux tensions du marché.

La publication avance une explication à cette divergence entre vente et location : la hausse des taux d’intérêt a réduit la capacité d’emprunt des ménages et a pu reporter une partie de la demande vers la location, dans un contexte d’offre locative limitée. La correction des prix de vente ne s’est donc pas accompagnée d’une baisse comparable des loyers annoncés.

Les chambres meublées prennent une place croissante

Le développement des chambres meublées constitue une autre évolution notable. Elles représentent désormais environ 14 % de l’offre locative, contre moins de 3 % au début des années 2010, et restent principalement concentrées dans la capitale et le sud du pays.

Leurs loyers annoncés progressent encore de 4,9 % sur un an au deuxième trimestre 2026. Sur une période plus longue, entre 2010 et 2025, leur indice a augmenté de 102,6 %, contre 83 % pour les appartements et 76,9 % pour les maisons.

Ces chiffres permettent de comparer les dynamiques dans le temps. Ils ne doivent toutefois pas conduire à comparer directement les niveaux de loyers au mètre carré : une chambre meublée donne généralement accès à des espaces communs, comprend du mobilier et présente une surface privative plus réduite.

Des indices régionaux pour mieux comprendre les différences territoriales

Le second focus explore l’intérêt d’un indice régional des prix des logements. Il distingue la région de la capitale, comprenant Luxembourg-ville, Hesperange, Bertrange, Strassen et Walferdange, du reste du pays.

Pour les appartements existants, les évolutions sont relativement proches à long terme. Entre le premier trimestre 2015 et le deuxième trimestre 2026, les prix progressent de 70,8 % dans la région de Luxembourg, contre 73,7 % dans le reste du pays. Cette proximité masque néanmoins des différences ponctuelles : entre 2018 et 2020, la hausse avait été plus rapide autour de la capitale, avant un rapprochement des trajectoires à partir de 2024.

L’écart est beaucoup plus marqué pour les appartements vendus en état futur d’achèvement, ou VEFA. Sur la même période, leur indice augmente de 113,2 % dans la région de Luxembourg, contre 74,2 % dans le reste du pays.

La publication évoque notamment une pression potentiellement plus forte sur le foncier constructible dans les communes les plus attractives et une concentration des nouveaux projets dans les zones où la demande reste élevée. Là encore, la faiblesse des transactions depuis 2023 impose une lecture prudente des variations récentes.

Ces indicateurs territoriaux permettent d’affiner le diagnostic national. Au deuxième trimestre 2026, le retour à un marché plus régulier se dessine surtout dans l’existant. La faiblesse persistante des ventes de logements neufs et l’accélération des loyers annoncés montrent que cette stabilisation ne résout pas encore les tensions sur l’accès au logement.

A retenir

Pour le deuxième trimestre 2026, 1 274 appartements vendus : +8,2 % sur le trimestre, mais −33,9 % sur un an, en comparaison avec le pic exceptionnel du printemps 2025. L’existant se normalise : 1 049 ventes d’appartements, un niveau proche des standards d’avant-crise. Le neuf reste en difficulté : seulement 225 ventes, soit près de 68 % de moins que la moyenne des deuxièmes trimestres de 2017 à 2021. Les maisons restent en retrait : 709 transactions, contre 909 en moyenne avant la crise. Les prix se stabilisent globalement : −2,2 % sur un an, mais +1,1 % sur le trimestre. Le recul annuel s’explique en grande partie par un effet de base lié au deuxième trimestre 2025. Les loyers annoncés des appartements accélèrent : +5,8 % sur un an, contre une inflation de +2,4 %. Cette hausse concerne les loyers demandés pour de nouveaux contrats, et non l’ensemble des baux en cours. Source : Observatoire de l’Habitat et STATEC, « Le Logement en chiffres », n° 20.

Related Articles

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux

Immobilier au Luxembourg : l’existant se stabilise, le neuf reste en retrait et les loyers accélèrent

Partager cet article :

Related Posts

Immobilier au Luxembourg : l’existant se stabilise, le neuf reste en retrait et les loyers accélèrent

Le marché immobilier résidentiel luxembourgeois retrouve progressivement un rythme plus régulier, mais cette normalisation reste inégale. Selon la 20e édition du « Logement en chiffres », publiée conjointement par l’Observatoire de l’Habitat et le STATEC, les ventes d’appartements existants se rapprochent des niveaux d’avant-crise au deuxième trimestre 2026. Le neuf demeure toutefois peu dynamique, tandis que les loyers annoncés des appartements progressent nettement plus vite que l’inflation.

Pourquoi votre prêt immobilier au Luxembourg peut être refusé à cause d’un poste non inclus

Une cuisine absente du budget, des extérieurs non chiffrés : ces oublis peuvent pousser votre dossier hors de votre capacité d'emprunt. Ce que les banques regardent vraiment.

Logement au Luxembourg : le gouvernement dévoile son « Booster fir de Wunnengsbau »

Le marché de la construction neuve traverse une période difficile depuis plusieurs années, avec une production annuelle de logements très en deçà des besoins réels du pays. Face à ce constat, le gouvernement a présenté le 16 juillet 2026 un nouveau paquet de mesures baptisé « Booster fir de Wunnengsbau » (« Méi bauen. Méi erschwénglech. Méi Wunnengen. »), porté conjointement par le ministre du Logement, Claude Meisch, et le ministre des Finances, Gilles Roth. Sept mesures combinent allègements fiscaux, incitations à l'investissement et mobilisation de l'épargne privée pour relancer la construction et faciliter l'accès à la propriété. Voici ce qu'il faut retenir, notamment pour les acquéreurs en VEFA et les professionnels de l'immobilier neuf.

Logement « prêt à habiter » au Luxembourg : pourquoi ce marché explose

Cuisine équipée, mobilier installé, jardin aménagé : les logements « prêts à habiter » séduisent de plus en plus d'acheteurs. Qui achète, pourquoi, et ce que ça change pour vous.

Immobilier neuf au Luxembourg : ce que révèle le marché au 1er trimestre 2026

Le marché immobilier luxembourgeois retrouve progressivement son équilibre après plusieurs années de turbulences. Tour d'horizon des tendances clés pour les acheteurs de logements neufs.

Après la remise des clés au Luxembourg : primes, entretien et mode d’emploi de votre logement

Des milliers d'euros de primes peuvent passer à la trappe faute d'une demande correcte. Et votre pompe à chaleur a besoin d'un suivi. Tout ce que vous devez savoir après la livraison de votre logement neuf.